J'ai parcouru l'exposition Yves Klein à Beaubourg, deux fois. J'en ressors troublé. Beaucoup d'oeuvres en trop, notamment la série des suaires pour grenouille de bénitier. La présentation des films des actions 'anthropométries' me laisse perplexe. Je crois qu'il n'est pas necessaire de présenter côte à côte, les films et les tableaux de la même série. Je pense même que leur proximité est nuisible. L'oeuvre est sûrement dans l'écart entre l'action filmé (souvent teinté d'une ironie grandiloquente) et les tableaux. Les peintures et les films ne sont finalement que les traces d'un même événement dont il est dommageable de vérifier la concommittence. Les films ne sont pas aux tableaux ce qu'est la main à l'empreinte. Il y a là plutôt 2 sorte d'indices, une empreinte de pattes d'oiseau sur la toile, et la fumée odorante projetée sur l'écran. Marquant toute deux la disparition de l'objet, ici le corps. L'accrochage suggère un lien indissociable invitant à la comparaison, la peinture est alors mise en échec. Le processus spectaculaire, filmé, rend la peinture anecdotique. Par bonheur, je n'ai jamais vu, en même temps, la peinture de Pollock, et Pollock filmé.
Par ailleurs l'accrochage est scandaleux, l'éclairage atténue l'effet de chaque monochrome. Sur le dessin, la baie vitrée ouvrant sur Montmartre exposé au coeur de l'exposition [le nuage au dessus du sacré choeur n'est pas une invention, les deux fois, un nuage s'était accroché à la butte]...Pourquoi n'avoir pas confronté le beau panorama monochrome présenté dans l'une des premières salle avec ce ciel, et baigné ainsi le tableau dans une lumière naturelle. Nous aurions pu constater là de l'intensité du tableau, et de sa différence. Pour voire le bleu, Bleu IKB, et non ce semblant de bleu/beaubourg, rendez-vous au musée d'art moderne de la ville de paris, dans les collections permanentes. ...et en plus divine joie : c'est gratuit...
[à suivre, peut-être]



