
Il y a loin du musée au jardin d'eden -hormis à travers quelques oeuvres-. Le musée est une zone de travail salarié. Polymorphe la geôle y règne toujours. Il reste quelques anciens collègues, je n'ai pour la plupart aucune confiance, ils étaient déjà du côté de
la matraque. Mes amis et collègues ont obtenu mutation, promotion, réussi des concours... De la section syndicale picturale il n'en reste à Gustave Moreau, qu'un seul. Des nouveaux agents je ne
sais rien, rien de leur résistance ou compromissions, rien de leur amitiés ou inimitiés. Pour préserver le secret de l'événement, j'ai organisé l'exposition à leur insu. Est-il nécessaire de préciser que dès l'origine de ce travail le secret était une condition essentielle de la réalisation, que la dimension picturale ne pouvait qu'être tue. L'art n'a rien de citoyen, n'attendons pas des peintres de bons sentiments, la couleur en est trop inopérante. Je suis un traître, je n'ai pas trahi que mes collègues, ma trahison s'étend à toutes les valeurs respectables, cette trahison est permanente et se réactive à chaque rayon de soleil. Comment peindre et jouir de la vie sinon ?
Chant du cygne de cette oeuvre en ces lieux, l'exposition fut un succès. Il n'y eut jamais autant de monde. Le programme prévu fut respecté, les actions annoncées réalisées...
Documents, vidéos, photographies, extraits de Cartel, léger conflit avec l'administration, à suivre ici-même, dès mercredi.