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Exposition clandestine 31 mars 2007, 10 ans après
au musée Gustave Moreau |
| Il y a 10 ans, Laurent Marissal painterman initiait son action clandestine au musée Gustave Moreau à l'occasion de cet anniversaire ses complices ravissent le musée. |
On a pu voir/entendre/lire les oeuvres imprimées/enregistrées disseminées de : Jean-Charles Agboton-Jumeau Laurent Buffet Leszek Brogowki Dymen Et n'est-ce* Claude Gintz Jérôme Gontier Alexandre Gurita Elisabeth Lebovici Patrice Loubier Lefevre Jean Claude Sébastien Levassort André Marissal Painterman Hubert Renard Véronique Vassiliou Par ailleurs quelques livres des éditions Incertain Sens et des artistes de la Biennale de Paris sont mis en vente sous le manteau au second étage et à l'entrée du musée...
3 actions ont rythmé l'événement. Sébastien Levassort, 3 containers RVB, 2007 : histoire de nous laver le regard avant de pénétrer dans l'exposition,
Sébastien a placé 3 poubelles peintes en Rouge, Vert, Bleue. En sortant nous ne ne pourrons que constater la disparition des poubelles volés par un passant, seul regret ne pas savoir si ce
passant ne les a volées, aveugle à l'art, que pour des questions pratiques... Yves Dymen, sans titre, 2007 : Yves a confié a ses enfants l'abandon dans les salles du
musée de coussinets de plastique. Nous n'aurons que peu de temps pour nous y reposer la vue, les gardiens opèrerent rapidement leur destruction, (il en reste un, ce n'est pas le lieu pour en
dévoiler la cachette). L'une de ces anomalies gonflés d'air sera la pénultième goutte d'eau avant que le vase ne déborde... Patrice Loubier, Jumping, 2007 : Patrice nous
a envoyé de Montréal une balle de caoutchouc, painterman doit en relancer le rebond au musée à 15h45, à 16h30, avec un peu de retard la balle est lâché du haut de l'escalier. Générant au
lancé une petite frayeur, l'un des rebonds cogna la vitrine de verre, sans dommage.
Nous nous sommes stationnés au second étage du musée, une librairie portative a servi de point de raliement. J'y vendais quelques exemplaires des éditions Incertain Sens, Pinxit,
Ljcbd, le catalogue de la Biennale de Paris... Chaque invité recevait un exemplaire de Cartel. Nous proposions aussi d'écouter le texte chuchoté d'Elisabeth Lebovici...
Quelques gardiens furent finalement usés de notre divertissement sans conséquence (si l'on néglige le plaisir de la conversation, et l'idée de partager, underground, une histoire commune). Nous fûmes donc dénoncés, par la caissière fatigué de répondre aux visiteurs affranchis que "non, il n'y a pas d'exposition clandestine ici, ni de manifestation, ni de vernissage, que oui Laurent Marissal était là, que non elle ne connaissait pas painterman". Un responsable en congé me téléponna, il me fallait ranger. Pour me faire obtempérer il demanda à l'un des seuls gardiens qui a vécu les tracas énoncés dans Pinxit, de me faire remballer. Je ne veux pas le mettre plus dans l'embarras il reste mon seul ami au musée. Je range donc rapidement la librairie portative aux vestiaires, puis retourne dans les salles accueillir les autres invités. Nick Gee, notamment assistera avec Laurent Buffet au lancé de la balle de caoutchouc de Patrice Loubier. En sortant, la caissière m'harrangue : "Vous devriez savoir savoir que c'est interdit ce que vous faites". "-bah oui, j'ai provoqué et contribué à l'écriture du réglement de visite qui n'existait pas avant..."
Après l'exposition je retrouve mes complices. Nous trinquons non pas à la fin de cette aventure mais au début d'une nouvelle... (Tom Marionni a sans doute raison, il n'est sûrement pas de plus haute forme d'art que celle de partager un verre avec ses amis).
[ il en va des sciences comme de l’amour; elles sont plus agréables quand elles sont plus clandestines. Soren Kierkegaard , Johannes Climacus, Dijon, 1997.]
ps: Si ce n'est à la surface de quelques oeuvres, il y a loin du musée au jardin d'eden -. Le musée est une zone de travail salarié. Polymorphe la geôle y règne
toujours. Il reste quelques anciens collègues, je n'ai pour la plupart aucune confiance, ils étaient déjà du côté de la matraque. Mes amis et collègues ont obtenu mutation, promotion, réussi des
concours... De la section syndicale picturale il n'en reste à Gustave Moreau, qu'un seul. Des nouveaux agents je ne sais rien, rien de leur résistance ou compromissions,
rien de leur amitiés ou inimitiés. Pour préserver le secret de l'événement, j'ai organisé l'exposition à leur insu. Est-il nécessaire de préciser : dès l'origine de ce travail le secret était une
condition essentielle de la réalisation, la dimension picturale ne pouvait qu'être tue. L'art n'a rien de citoyen, n'attendons pas des peintres de bons sentiments, la couleur en est trop
inopérante. Je suis un traître, je n'ai pas trahi que mes collègues, ma trahison s'étend à toutes les valeurs respectables, cette trahison est permanente et se réactive à chaque rayon de soleil.
Comment peindre et jouir de la vie sinon ?
ps: Quelques soucis techniques me font republier cet article. Je ne suis pas satisfait des pubs qui arrive à la fin des vidéos. J'espère pouvoir résoudre cela prochainement. Si je trouve le temps (cf. article précedent) et toujours un ralentissement prévisible du nombre d'articles publiés ces prochaines semaines, pour ne rien manquer n'hésitez pas à vous inscrire sur la newsletter qui vous informe des dernières parutions.



